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De qui ai-je rêvé cette nuit ?

Image : Lodz by monislawa sur DeviantArt.
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# Posté le jeudi 30 avril 2009 12:39

Et là, tu te dis que t'as un vrai problème. Ça doit certainement avoir un nom, syndrome quelque chose, le fait de refuser d'être sauvée même si au fond t'en as quand même un peu envie, mais tu fais tout pour écraser ça et tu t'enfonces désespérément dans ta merde. Non, ça n'a pas de nom, ce serait donner trop d'importance à ça... C'est juste être bornée.

Et là, tu te dis que t'as un vrai problème. Ça doit certainement avoir un nom, syndrome quelque chose, le fait de refuser d'être sauvée même si au fond t'en as quand même un peu envie, mais tu fais tout pour écraser ça et tu t'enfonces désespérément dans ta merde. Non, ça n'a pas de nom, ce serait donner trop d'importance à ça... C'est juste être bornée.
Cependant, quand son nom me vient à l'esprit désormais, je m'imagine chopant une tige de bambou et tapant sur ces quelques lettres. J'en attrape mal à la tête de me brutaliser le cerveau. Avec tout ça, j'attrape peur. Je suis terrorisée quand je vois que je commence à vraiment apprécier quelqu'un. Je me dis qu'il faut que je m'isole, que je vais souffrir de m'attacher. Et en même temps, lueur d'espoir. Je me frappe la cervelle, histoire qu'elle aille gronder le c½ur qui s'occupe des amitiés, inimitiés, et tout le taintoin. J'ai mal à la tête, et je sens une seconde entaille se former au palpitant. Il se gerce ces temps-ci. Il se remue, alors le givre qu'on lui envoie lui fait pas du bien. Il se révolte, prêt à me faire souffrir, je le sais. Il essaye de me sortir de ma merde, mais je suis trop mortifiée pour le laisser faire. Je me dis qu'il va juste me faire émerger pour m'enfoncer plus profondément la tête dans l'eau glacée. J'ai des comportements bizarres, des comportements qui ne sont pas normaux pour moi, de fille presque. J'suis pas une fille. Les comportements extraordinaires me mettent la puce à l'oreille que quelque chose cloche. Je me bande les yeux, et je tourne la tête, prête à ignorer tout ça, faire comme si ça n'existait pas. Mais si j'y suis confrontée, ça me saute à nouveau à la gueule. Et le pire, c'est que je le savais. Je sens tout arriver, et j'arrive jamais à l'éviter. Mal à la tête. Après, t'oses pas en causer. T'as peur qu'on se foute de toi. T'as peur d'admettre. Ça mettrait fin à ton petit jeu d'aveugle. Tu te mets dans des états étranges. T'as l'impression vaguement de les connaître. Ça te dit quelque chose. T'as honte. Tu te caches dans tes mains. Qu'est-ce qui se passe ? Non, pose pas la question, tu risquerais d'avoir une réponse et ça va pas te plaire.




Image : aseton III by mehmeturgut sur DeviantArt.

# Posté le mardi 28 avril 2009 18:03

Modifié le mardi 28 avril 2009 18:14

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Ses cheveux emmêlés battent dans le vent salé, masquant parfois son visage. Assise sur l'herbe, la mer 30 mètres plus bas, elle tient ses tibias dans son jean troué.

- J'ai compris... J'ai trop attendu de toi. J'ai trop attendu pour toi. Tu en valais la peine, peut-être, mais je ne peux pas passer ma vie à t'attendre. Tu ne me comprends pas, tu ne me comprendras peut-être jamais, et ça t'effrayera toujours. Tu n'es pas prêt à me suivre dès que je dirais que je dois partir. Je dois partir... Je suis une fille du vent du nord, et si le vent qui rend fou souffle, il me faut fuir. Tu n'es pas prêt à ça.

Le fracas des vagues répond. Elle ferme les yeux.

- Et si le pirate refuse de me tendre la main pour monter sur son bateau, j'irais enfoncée dans mon manteau, j'irais marcher sur les coteaux, j'irais au sud chercher d'autres châteaux. J'irai chercher ton regard dans d'autres yeux., ton souffle dans d'autres bouches, tes gestes dans d'autres mains, tes mots sur d'autres lèvres, ton amour dans d'autres c½urs et ton désir dans d'autres bras. Je te chercherai toujours. Mais je dois partir.

Elle regarde l'horizon. L'eau hurle.

- Faut-il aimer moins, pour aimer plus longtemps ? J'ai connu le feu brûlant de la passion, qui finit par encercler les amants et les dévorer. J'ai connu cet incendie contre lequel il est impossible de lutter. J'ai connu... Le brasier qui finit par nous tuer. Je ne suis plus que cendres... La cendre peut-elle encore aimer ?

Une bourrasque la fait frissonner, elle se lève et tire sur les manches trop longues de son boléro.

- Je dois partir. Fuir le vent qui rend fou.




Image : .Until this world fades. by Bloddroppe sur DeviantArt.

# Posté le mardi 28 avril 2009 17:13

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- Et toi alors ?

Il lui a retourné la question, la regardant de côté, penché en avant. Elle, s'étale sur le banc qu'ils partagent, privés de la lumière orangée d'un lampadaire qui aura rendu l'âme. Il fait le dos rond et Elle s'installe dans une position de plus en plus outrageuse. Il ne relève pas, Il ne relève plus, Il l'a connaît suffisamment pour savoir qu'Elle ne recollera ses genoux que quelques instants avant de s'ouvrir à nouveau comme une fleur de nuit. Les deux bras posés le long du dossier de bois, Elle prend un temps de réflexion pour bien préparer sa réplique, son petit non-dit, ses phrases qui veulent dire tout le contraire, qui cachent pour mieux révéler. Il s'impatiente.

- J'ai demandé à un ami.

Il se redresse, la regarde éberluée. Elle ? Elle regarde devant elle, évitant de montrer ses yeux qui pourraient révéler son mensonge. Elle va se brûler. Il garde la bouche ouverte, observant autrement sa comparse en tentant d'imaginer. Elle ? Silence.

- Depuis j'en ai vu d'autres...

Elle en rajoute une couche. Il ne préfère pas réagir. Elle fait bouger ses lèvres de droite à gauche en fronçant les sourcils, mâchant bien les pensées avant d'oser les lâcher. Elle a peur d'aller trop loin, Il reste accroché à ce mouvement. Elle s'arrête, se tourne vers lui en posant ses mains entre eux deux. Encore une hésitation. Elle regarde ses ongles en levant les sourcils. Il reste passif, attendant avec appréhension la prochaine révélation. Il
ne respire plus. Elle se penche en avant, légèrement. Il ferme les yeux. pour éviter qu'ils ne tombent sur une vision qui risquerait de le déconcentrer. De toute façon Elle observe ses ongles.

- Ça te dirait ?

Ses paupières se relèvent d'un coup. Merde, Il a vu. Tant pis, Il fixe le crâne quelques centimètres au dessus en attendant que les pupilles soient à sa portée. Il repense à la question. Il a mal entendu, certainement, Elle n'a quand même pas... ? Elle relève la tête, impassible, ou presque, Elle a bien préparé son masque. Elle s'avance un peu. Il ne bouge pas, déglutit difficilement.

- Ça n'engage à rien. Tu serais pas le premier.

Dans quelle vie s'est-Elle engagée ? Il ne la regarde plus comme avant. Il flanche. Elle se rapproche encore. Elle laisse ses paumes à quelques centimètres de sa peau à lui, sans le toucher, mais il lui suffirait d'un mouvement pour que tout bascule. Elle approche, lentement, Elle joue un jeu très dangereux, Elle le sait. Il plisse les yeux, jusqu'où ira-t-Elle ? Jusqu'où est-Elle déjà allée ? Jusqu'où est-Elle capable d'aller ? Leurs visages se frôlent presque, mais il n'y a toujours aucun contact, Elle y veille. Aucun contact. Ils s'observent, se surveillent. Elle regarde par dessus son épaule.

- Alors, pourquoi pas ?

Ce mouvement, ce souffle, frôlement... Et tout s'enchaîne. L'effleurement devient écrasement, la nuance devient abrupte. Il l'étreint, Il l'embrasse, Il la dévore. Ils ont perdu tout contrôle. Elle a perdu le contrôle de son jeu, Il a perdu le contrôle de lui-même. Elle ferme les yeux et laisse partir l'engrenage, gémissante, s'agrippant à lui. Ils s'accrochent l'un à l'autre, terrifiés par ce qui arrive, terrifiés par ce monde, la mort qui entoure, la vie à poursuivre. Il becquette plus qu'Il ne bécote, comme un vautours sur un cadavre, car c'est tout ce qu'Il attendait en fait, qu'Elle ne soit plus que mort, tellement brisée que la vie l'ai quittée. Sa vie lui faisait peur. Ils en ont tous les deux plus ou moins conscience, et Il brise contre lui ce corps qui empeste la cendre froide. Ils savent tous les deux que c'est la fin, et ils fêtent cette fin du monde, de leur monde, par la frustration gardée trop longtemps en eux. Ils la font rejaillir, et la sortent en violence bestiale. Il lui fera l'amour sur ce banc avant que tout ne soit terminé.




L'amour n'est pas l'amour s'il fane lorsqu'il se trouve que son objet s'éloigne.
Quand la vie devient dure, quand les choses changent, le vrai amour reste inchangé.



William Shakespeare
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# Posté le vendredi 24 avril 2009 10:38

Modifié le vendredi 24 avril 2009 11:04

..Cheater... Liar.....

..Cheater... Liar.....
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Bonne Fête...




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# Posté le mercredi 22 avril 2009 16:51